Délicieux Dictionnaire des saveurs de l'Italie
"Magique, la pastina a sur moi le pouvoir d'inverser les aiguilles du temps. Au fond de l'assiette fumante, si la recette est respectée, voyelles et consonnes me restituent le récit enchanté de cette petite enfance passée sur les bords du lac Majeur"...
Pour l'éditrice et auteure Emmanuelle Mourareau, ce bouillon de légumes ordinaire agrémenté de vermicelle, de petites pâtes alphabet et d'un tas d'autres sortes de petites pâtes dont les Italiens ont le secret (farfalline, ditalini, stelline, anellini....) est le symbole du paradis perdu de sa jeunesse italienne et l'explication de "son tropisme pour l'Italie et sa gastronomie".
Après avoir lancé en 2013 Les Editions du Pétrin, une maison d'éditions dédiée à la culture culinaire, et commencé à publier une gracieuse collection de Petits Précis en P... consacrés à la gastronomie italienne, Emmanuelle Mourareau creuse toujours l'empreinte indélébile que "les sons, les parfums, les saveurs et les images" que son enfance heureuse a laissée en elle et continue d'initier le public français aux trésors et aux saveurs de la table transalpine et à l'infinie richessse de l'art de vivre et de la culture culinaire de la Botte.
(Photo Distillerie Romano Levi)
Dans le Dictionnaire délicieux de l'Italie, publié en décembre 2018, elle propose une sélection de 50 protagonistes de la cuisine italienne -autres que les standards qui ont déjà fait l'objet d'un titre de la collection Petits Précis en P... (pesto genovese, pizza napolitaine, Prosecco, pomodoro, parmesan d'Emilie Romagne, panettone milanais...)- et dont elle tire de très érudits et savoureux portraits.
(Photo Emmanuelle Mourareau)
Les références historiques comme les anecdotes tirées des légendes urbaines ou rurales sont souvent inédites et toujours plaisantes. Que ce soit pour les arancini (anchois) de Sicile, l'artichaut romain, les asperges blanches de Bassano en Vénétie, le baba napolitain, le citron de Sorrente ou le plat de morue bacala, l'auteure convoque des personnages aussi différents que le metteur en scène et écrivain sicilien Andrea Camilleri et son héros le Commissaire Montalbano, le cuisinier personnel du Pape Pie V, Ernest Hemingway, Saint Antoine de Padoue, l'historien Fernand Braudel, Vitttorio de Sica, Guiseppe Verdi...


Au gré des entrées de ce délicieux Dictionnaire, les origines de la mostarda, de la grappa, du lard de Colonnata, de la zuppa inglese, du zampone de Modène ou du caviar du Pô s'entrecroisent avec les fondements du capitalisme, la naissance du cinéma néo-réaliste ou les principes de la philosophie des Lumières.
Au fil des pages, on apprend par exemple que Barbagliata, qui désigne la boisson chocolatée milanaise, était le nom d'un très grand impresario d'opéra, que Cavour, le promoteur de l'unité italienne, s’abreuva de bicerin en inventant le destin politique du pays, que la création du Procope, le premier café parisien, est liée à la culture de la bergamote dans la région de Reggio de Calabre, que les cantucci doivent leur notoriété à l’Exposition universelle de Paris en 1867, que le caviar de Venise a pu concurrencer l'or noir de Russie grâce à la mobilisation de la communauté juive de Ferrare... ou encore qu’à Crémone, la mostarda fait sérieusement de l’ombre à Stradivarius.
Une vibrante célébration d'une Italie rêvée, gourmande et éternelle... Une Italie heureuse et insouciante dont Emmanuelle Mourareau veut garder le souvenir intact et que les amoureux de ce beau pays aiment voir célébrée dans tous ses attraits et séductions.
Dictionnaire délicieux de l'Italie,Emmanuelle Mourareau, Les Editions du Pétrin







