Frangipane et gants de peau, La galette des Rois version Catherine de Médicis
C'est à Catherine de Médicis que l'on doit l'essor de la pâtisserie en France. Dans ses bagages, la riche Florentine avait importé à la Cour de France le savoir-faire des cuisiniers et pâtissiers de sa ville natale et de Venise passés maitres dans l'art des confitures, du nougat ou des marrons glacés, et habiles à monter les crèmes - la frangipane (une création du comte Desare Frangipani) ou la crème fouettée-, et à tourner les pâtes sucrées: brioche, pâte à choux (mise au point par le cuisinier Popelini, qui avait quitté l'Italie pour rejoindre Catherine de Médicis en France), gâteau des rois, etc.
Dans "Le sexe des gâteaux", publié en 2015 aux Editions de l'Epure, l'historienne de la gastronomie Maguelonne Toussaint-Samat établit un bien étrange et inquiétant parallèle entre celle qui fut surnommée la Régente noire et la traditionnelle galette des Rois.
"Certaines galettes des rois feuilletées sont garnies de crème frangipane, raconte l'historienne. Comme la poudre d'amandes parfume la crème frangipane, et que le cyanure, poison mortel extrêmement violent, dégage des fragrances d'amande amère, très caractéristiques aux dires des détectives,... Et comme Catherine de Médicis "bénéficiait" d'une réputation bien établie d'empoisonneuse, on en a conclu que les gants de peau alors très à la mode et dont l'Italienne raffolait car ils dégageaient un parfum fleurant l'amande, pouvaient être aussi l'instrument d'un crime parfait ourdi par la reine".
Maguelonne Toussaint-Samat est l'auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la gastronomie, dont Histoire naturelle et morale de la nourriture (Bordas, 1987) et La très belle et très exquise histoire des gâteaux et des friandises (Flammarion, 2004).
Le sexe des gâteaux, Maguelonne Toussaint-Samat, Editions de l'Epure





