BD en Mâcon-Cruzille, le roman d'un vigneron bourguignon
Peu d'hommes du vin peuvent se flatter d'avoir inspiré une bande dessinée et d'en être le héros. Emmanuel Guillot-Broux, vigneron en A.O.C. Mâcon-Cruzille, est de ceux-là. Manu a un jour lâché une carrière de sommelier à l'international (à Londres notamment, chez L'Ortolan et le Petrus/Gordon Ramsay) pour assurer avec ses deux frères la succession de leur père Jean-Gérard, dit "Minet", un personnage charismatique -disparu à 63 ans- qui avait imprimé sa marque sur le domaine familial en l'engageant, dès 1978, sur la voie de ce qui n'était pas encore la biodynamie.
Acteur majeur de la renaissance du Mâconnais en blanc, la famille pratique, sur ses 17 hectares en A.O.C Mâcon-Cruzille plantés à 50 % en Chardonnay, 25 % en Gamay et 25 % en Pinot noir, "une vinification parcellaire selon la tradition bourguignonne en fût, sans levurage ni débourbage". L'essentiel est là: dans l'écoute attentive du terroir, dans l'observation de son histoire viticole et dans l'attachement (l'acharnement ?) de ce vigneron têtu et volontaire à révèler, à remettre au jour le potentiel en partie oublié de chaque parcelle de sa terre. "80 % du domaine ont été replantés sur des terroirs abandonnés après le phylloxera et qui n'ont jamais connu la chimie, explique Manu. En utilisant des méthodes de travail traditionnelles, nous nous efforçons de faire revivre ces terroirs, de leur redonner leurs propres identités, tout en respectant l'équilibre de la nature".



Combettes, Genièvrières, Perrières, Beaumont, les vins des Guillot-Broux portent des noms vieux de plusieurs siècles, hérités de la connaissance du terrain et du savoir-faire des moines bénédictins et sisterciens installés dans la région. La majeure partie des côteaux est orientée à l'est sur des sols argilo-calcaires, mais des formations géologiques différentes personnalisent chaque terroir, permettant aux trois cépages qui couvrent le domaine de s'exprimer librement.
Des pratiques claires et saines, des vieilles vignes tenues au cordeau et à l'ancienne (au cheval de trait), un élevage précis en fûts de chêne, un style classique et sans effets, tout est réuni pour des vins nets, francs, sincères, amples et généreux. Une évidence avec Les Perrières, cette parcelle au sol peu profond qui était autrefois une carrière de pierres fournissant la lauze des toitures locales; elle donne aujourd'hui un vin emblématique du domaine: un Mâcon-Cruzille blanc à la fois vif et minéral, élégant et long en bouche (le 1999 étant particulièrement significatif à cet égard...) bien parti pour dix ans de garde voire plus.
C'est cette passion d'un honnête homme (au noble sens du 17ème siècle) pour sa terre, les vins qu'elle porte et les hommes qui les font, que l'on retrouve dans le roman graphique "Un grand Bourgogne oublié" (Editions Grand Angle). Les vins d'Emmanuel Guillot-Broux sont disponibles dans le circuit Galeries Lafayette, à La Grande Epicerie-Paris, au Domaine et sur internet.
"Un grand Bourgogne oublié", Manu Guillot, Hervé Richez, Boris Guilloteau, Editions Grand Angle
Domaine Guillot-Broux, Cruzille-en-Mâconnais
