Pierre Bonnard ou Les petites choses de la vie
Avec l’exposition qu'elle consacre à Pierre Bonnard (jusqu'en mai 2012), la Fondation Beyeler (Bâle, Suisse) entend célébrer "l’illustre coloriste français, un des artistes les plus fascinants de l’époque moderne". Une soixantaine de peintures provenant d’illustres musées et collections particulières y déroulent un panorama de toutes les périodes de la carrière de ce peintre, né en 1867 et mort en 1947, co-fondateur du groupe des Nabis, et qui vouait un culte au style de Gauguin et à l’estampe japonaise. "À Paris, précise le catalogue de l'exposition, il peint la vie trépidante des rues et des cafés de la métropole, avant de se retirer d’abord en Normandie, tout près du jardin aux nymphéas de Monet, puis sur la Côte d’Azur, où il puise son inspiration dans la lumière et les couleurs de la nature méditerranéenne. Avec un goût marqué pour l’expérimentation, renouvelant ses compositions de couleurs aux angles de vue surprenants, il crée d’innombrables variations de tableaux de la vie domestique, où le temps donne l’illusion de s’être arrêté". Parmi les scènes de la vie quotidienne, celles regroupées sous la thématique "Salle à manger" de la Maison imaginaire du peintre montrent de nombreuses représentations de fruits, légumes et boissons diverses.
Devant la célèbre toile "Le café" (1915) conservée à la Tate Gallery de Londres, "on est frappé non seulement par sa stupéfiante palette, mais aussi et surtout par la manière dont le peintre a choisi de cadrer son motif. La nappe à carreaux rouges et blancs qui recouvre la table occupe les deux tiers de la surface peinte. Tout en haut de l’image, Bonnard place deux personnages dont les têtes sont coupées par le bord du tableau. Dès lors, le chien qui pose ses pattes de devant sur la table à côté de la femme vêtue d’un jaune éclatant retient étrangement notre attention. La passion du peintre pour la représentation insolite des petites choses de la vie quotidienne se révèle à d’autres détails comme l’ombre bleutée de la chaise ou la théière placée à l’extrême bord de la table".
Pierre Bonnard, Fondation Beyeler (Suisse)



