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07 janv. 18

Ivresses et génie littéraire, De Tolstoï à Prévert, d'Oscar Wilde à Duras

d1a9c345052989823d4221d2bd85cdef--jacques-prévert-robert-richardJacques Prévert (Photo Robert Doisneau)

"Ils buvaient de l'absinthe comme on boirait de l'eau. L'un s'appelait Verlaine, l'autre Rimbaud"... Bien malin qui peut dire ce qu'auraient été la vie et l'oeuvre de Paul, Arthur ou Alfred (de Musset) sans leur suicidaire compagnonnage avec l'absinthe, la si tentante petite fée verte ?

Que serait aujourd'hui dans notre pays la notoriété de l'auteur under-ground Charles Bukowski sans l'insubmersible buzz qui accompagne chaque nouvelle diffusion de sa prestation avinée devant Bernard Pivot sur le plateau d'Apostrophes en 1978 ?

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Les écrivains portés sur la bouteille sont légion, dans l'histoire des lettres modernes comme dans le monde contemporain. A tel point que Guillaume Fischer et Raphaël Turcat ont eu envie de savoir si le génie littéraire était soluble ou non dans l'intempérance et la pratique assidue de l'ivresse et de la descente aux enfers éthyliques

Dans Tchin !, publié en décembre 2017 aux Editions Jungle, les deux auteurs se livrent à une trentaine de fake-interviews avec des écrivains très dissemblables -certains enterrés depuis longtemps- mais qui ont en commun, outre leur place au panthéon de la littérature mondiale, d'avoir entretenu avec l'alcool des relations tumultueuses, voire mortelles.

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Derrière ces entretiens fictifs se cache la question qui taraudent les auteurs. Oui ou non, l'alcool a-t-il aidés ces "colosses des lettres" à accoucher de "textes qui les dépassent, une dimension trop grande pour eux" ? Ne seraient pas plutôt -et plus sûrement- "leurs pieds d'argile qui leur ont permis de se dresser fièrement au dessus de la mêlée" ?

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Les réponses divergent d'un génie littéraire à l'autre, de Tolstoï à Alphonse Allais, de Jacques Prévert à Tennesse Williams, de Françoise Sagan à Antoine Blondin. S'il fallait établir un classement de ces experts-ès-béquilles de l'âme, on mettrait peut-être d'un côté, Hemingway qui affirme à tue-tête que l'alcool l'inspire, les daïquiri, mojito et autres gimlet (un cocktail à base de gin et de lime cordial) rendant sa production créative, et Bernard Frank qui y voit un "accélérateur de vie"....

AVT_Marguerite-Duras_3392Marguerite Duras (Photo Robert Doisneau)

 

Et de l'autre, Emile Zola qui classe l'alcool au rang de "souillure qui s'autorise tous les crimes", Jack Kerouac pour qui "l'alcool sera l'arme de (son) suicide" ou Marguerite Duras qui constate après une cure de désintoxication que "l'alcool ne console pas l'homme".

Le mot de la fin revient sans conteste à Baudelaire qui conseille au peuple: "Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !

Tchin !, Guillaume Fischer et Raphaël Turcat, Editions Jungle

 


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