Du Bruit Côté Cuisine

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28 juil. 17

Chez Jim Harrison, La voix de Jeanne Moreau et le goût des oiseaux sauvages

atlasinfo(Photo Atlasinfo.fr)

Décédé en mars 2016, l'auteur américain Jim Harrison était "un ogre des temps modernes", à la fois scénariste, romancier, poète, auteur pour enfants, fasciné par la nature et les cultures indiennes et boulimique de la vie et de ses plaisirs. De ce géant de la littérature Christine Ferniot disait qu'il aimait "décrire la beauté d'une forêt, la sensualité d'une pêche à la truite au petit jour, le regard myope d'un coyote efflanqué ou la silhouette d'une femme gironde qui ne joue pas les effarouchées. Dans ses romans, comme dans ses nouvelles ou ses poèmes, il savait comme nul autre mêler un lyrisme retenu à un quotidien plein de rugosité (Télérama, 30 mars 2016)".

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Dans son ouvrage Aventures d'un  gourmand vagabond, publié en 2001 et sous-titré Le Cru et le Cuit, l'amateur de bonne chère et de vin donne une leçon de bien vivre, de bon manger et de savoir lire. Au gré des chapitres (Pied de porc et vins, Cuisiner sa vie, Manger au ras du sol, Morale de la bouffe, Cuisinier hors la loi ou Mets roboratifs à Los Angeles par exemple), s'y dessine le portrait d'un homme avide de tout goûter car jamais rassasié de vivre.

Grand chasseur d'oiseaux sauvages (entre autres...), Jim Harrison s'y rappelle notamment les goûts comparés de ses espèces préfêrées en cuisine. Amoureux des femmes, il ne peut s'empêcher d'évoquer entretemps la comédienne Jeanne Moreau et sa voix si particulière... "A New-York, lorsque je lui ai apporté des fleurs et une bouteille de champagne Cristal, Jeanne Moreau m'a récité un poème français qui parlait de tourterelles. Un timbre de voix peut se révéler plus aphrodisiaque que des seins ou des huîtres".

téléchargementfrance-culture(Photo France-Culture)

"Curieusement, nous mangeons rarement du pigeon en Amérique, quoique j'aie commandé des pigeonneaux chez le fournisseur d'Artagnan, et les aie trouvé fort bons. J'ai toujours utilisé des pigeonneaux pour entrainter mes setters anglais, Tess et Rose, après quoi je les faisais braiser avec des petits pois et des carottes du jardin, et quelques poireaux sauvages de la forêt. On m'a dit que dans la classification des espèces, les pigeonneaux étaient très proches des tourterelles, que je tiens en haute estime. Ici, en Amérique, les tourterelles sauvages, qu'il s'agisse de la Zenaidura macroura ou de l'espèce que nous appelons à queue blanche, sont beaucoup plus petites que des pigeons adultes. Les Mexicans les appellent palomas et je pensais que les palombes étaient des tourterelles françaises (...)".

"Parmi les innombrables oiseaux sauvages que j'ai mangés dans ma vie, les tourterelles viennent en deuxième place après les bécasses. Elles n'exigent pas de grands apprêts, et c'est grillées au feu de bois, enduites de beurre d'un peu de sel et de poivre, qu'elles sont les meilleures. Lorsque j'étais plus jeune, je pouvais en avaler une douzaine d'affilée, alors qu'ajourd'hui, je m'en tiens à trois, quatre ou cinq. Allons, disons six. A Londres, il m'est arrivé de manger pas mal de pigeons ramiers plusieurs jours de suite. Leur saveur m'a rappelé celle des tourterelles".

Aventures d'un gourmand vagabond, Jim Harrison, Editions 10/18


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